Je suis parti le 29 mars 2010 pour un reportage d’un mois au Maroc. J’ai décrit mon projet dans cet article. Voici maintenant en texte et en images le récit de ce fabuleux voyage.
Ci-dessous, la première partie de l’aventure. Vous pouvez découvrir la suite dans ce deuxième article.
Préparation
Tout reportage commence par une préparation minutieuse. Se renseigner sur la destination, les moeurs locales, les conditions météorologiques, les contraintes techniques ou culturelles augmente les chances de réussite d’un voyage. Fort de ces connaissances, il est nécessaire de définir avant de partir ce que l’on veut faire, quel type d’images l’on veut réaliser. Cette ligne directrice influera plus ou moins directement sur le matériel à emporter. J’avais en tête des images de sujets éclairés par de la lumière artificielle. Des photos très posées. C’est ainsi que je passe presque toute la nuit du 28 au 29 mars à faire mes bagages… Deux valises étanches dont une pour mon matériel photo et une autre pour un flash de 15kg. Encore un sac à dos et je me retrouve avec plus de 45kg de bagages… Heureusement que les dromadaires peuvent porter plus de 150kg chacun.
Marrakech
Mon avion atterrit à Marrakech. Je vais y passer deux jours, ce qui est suffisant. D’autant plus lorsque l’on a pour objectif le désert et les grandes étendues. A Marrakech, spécialement dans le souk, il y a du monde.

Une des sorties du souk de Marrakech. Il y a du monde...

Souk de Marrakech

Souk de Marrakech
Une caravane avec Zaïla
Pour la première partie de ce voyage, je vais passer huit jours dans le désert avec des nomades accompagnant d’autres touristes, des Suisses et des Français. Nous allons faire une caravane à l’image de celle que j’avais eu l’occasion de faire en 2008. Ces caravanes sont organisées par l’association Zaila, fondée par Ali Sbai. Ali est la personne qui m’a mis en relation avec mon futur guide, Hssain.Il fait partie de l’équipe de nomade qui nous accompagne ces prochains jours. C’est donc pour moi l’occasion de faire connaissance avec lui. Surtout de pouvoir bénéficier de la présence d’Ali comme traducteur français-arabe. Après cette caravane, nous ne serons plus qu’Hssain et moi, sans interprète, il faudra se débrouiller. En effet, Hssain m’accompagnera pour la suite du voyage (article à venir).
Le 1er avril, nous passons la journée sur la route. De Marrakech, nous nous rendons à M’Hamid, dernier village avant le Sahara, proche de la frontière algérienne. Au Maroc, circuler est sans doute l’activité la plus dangereuse… La police semble plus intéressée par les bakchichs que par l’application du code de la route. Les dépassements sont (très) osés et les vitesses élevées.

Marrakech (A) - M'Hamid (B)

Petit Bakchich ?
Nous arrivons le soir. Il fait déjà nuit. Le véhicule avance jusqu’au bout de la route, ensuite c’est le désert. Nous sommes pris en charge par les nomades et les dromadaires. Une heure de marche avec pour seule lumière la lune, les yeux s’habituent doucement à la pénombre. Nous dormons dans le sable à la belle étoile, la première d’une longue série de nuits à l’extérieur.
Le 2 avril, nous marchons quelques heures. La marche est finalement l’activité principale et c’est ainsi que nous découvrons des paysages fantastiques. Le vent se met à souffler, comme la plupart des jours qui suivront…

Le vent souffle... Et soufflera quasiment toujours.
Les jours suivants, nous découvrons la Hamada du Drâa. Le Drâa est le plus long fleuve du Maroc. A cette saison et dans cette région, il est quasiment à sec. Néanmoins, l’hiver a été pluvieux et il reste quelques bassins d’eau. Nous aurons même droit à une baignade en plein désert. Les paysages sont variés, la flore d’une grande variété. L’oued du Drâa, des regs et des régions de dunes ou encore de montagnes, chaque milieu a sa propre flore. Contrairement aux croyances, le désert est plein de vie, et animé par une grande diversité d’animaux et de plantes. Cependant, la faune et la flore du Sahara ne survit que grâce à un très fragile équilibre dans cet environnement inhospitalier. Les journées sont rythmées par la marche et les longues pauses pour échapper à la chaleur, tantôt au pied des dunes, tantôt à l’ombre d’un arbre.

La marche, principale activité lors des caravanes

Confection du pain à l'ombre d'un tamaris
Le vent
Pour m’être déjà rendu dans la région à la même saison, je connaissais sa présence. Mais je ne me souvenais pas qu’il était à ce point vigoureux. J’ai appris sur place que le mois d’avril est le mois le plus venté de l’année. Or le vent est une contrainte non négligeable pour le photographe. Il soulève des quantités astronomiques de sable et a une forte tendance à mettre par terre les trépieds. Or, les photos éclairées au flash nécessitent un trépied soutenant la softbox et la torche du flash. J’ai donc dû m’adapter afin de réaliser les photos que j’avais prévues et me limiter aux heures où l’activité thermique est encore faible, soit le matin très tôt ou certaines trop rares journées. Il y a eu des possibilités mais pas autant que je l’aurais souhaité.

Making of. Merci Léon d'avoir évité nombre de chutes de flash...
Lorsque le vent souffle fort, il soulève tellement de poussière et de sable qu’on ne voit même plus le soleil. Pour le photographe qui aimerait installer un trépied et faire des photos, il faut être patient…

L’électricité
Une autre contrainte à gérer a été celle de l’alimentation électrique. Il n’y a évidemment pas d’électricité à disposition. J’ai donc emporté une installation avec un panneau solaire. Grâce à un convertisseur, j’avais du 220V à disposition. Malheureusement, le convertisseur a grillé à la première utilisation, probablement à cause de la chaleur (plus de 40 degrés à l’ombre certains jours). Il a néanmoins été possible de continuer à charger le flash en branchant directement le panneau sur la batterie 12V de celui-ci. Et il me fallait espérer que les deux batteries par boîtier allaient être suffisantes. Ce fut le cas, sachant qu’à la fin de la caravane nous sommes retournés à M’Hamid où j’ai pu faire le plein d’énergie avant de repartir, seul cette fois, avec Hssain.

Panneau solaire directement relié à la batterie 12V du flash Elinchrom Ranger RX. Le voltmètre indique 13,2 V: la batterie est en charge !
Conclusion
Cette caravane fut pour moi l’occasion de me remettre dans l’ambiance et de faire la connaissance de Hssain, mon futur compagnon de voyage. L’équipe était composée de neuf nomades et j’ai également pu faire des photos d’eux. Néanmoins, ce type de voyage reste une découverte accompagnée d’un environnement et du mode de vie nomade, mais ne s’apparente pas à une immersion sans fard dans la vie quotidienne des nomades. Nous ne sommes pas directement impliqués dans la vie de ces gens. Nous partageons des choses mais chacun s’adapte un peu à l’autre. Cette adaptation est naturelle mais n’est pas identique face à un groupe de dix personnes ou face à une personne seule. En ce sens, j’attends beaucoup de la suite du voyage.
Moments choisis
Avant de découvrir la suite de ce séjour chez les nomades du Sahara marocain, voici encore quelques images de cette caravane.
On ne peut passer à coté du dromadaire, un compagnon absolument indispensable pour le nomade. Sans lui, ce dernier n’est rien. L’animal porte tout ce que le voyageur nécessite, surtout de grandes quantités d’eau. Il a besoin de peu d’entretien. Il s’alimente tout seul si on le laisse dans un endroit où il y a assez de nourriture. Mais il a quand même parfois besoin de l’homme. Notamment lorsqu’il s’embourbe ou lorsqu’il a besoin de soins… Lui et l’homme forment un tandem: l’un ne survit pas sans l’autre. Les nomades en sont conscients et prennent grand soin des bêtes.

Le dromadaire a une fâcheuse tendance à marcher dans les sables mouvants.

Les dromadaires doivent être soignés contre les taons. Il faut les coucher sur le flanc pour leur appliquer un produit. Ils n'apprécient guère.
Les soirées sont probablement les moments les plus agréables de la journée. La chaleur se fait moins forte, le vent diminue. Nous avons la chance d’avoir parmi nous des musiciens.

Scène typique: musique, feu et préparation du thé.
Le 9 avril, nous rentrons à M’Hamid. Mes compagnons touristes vont rentrer chez eux. Pour ma part, je vais rester encore 20 jours au Maroc. Le projet initial était de nous rendre avec Hssain chez lui mais sa tente est établie trop loin de M’Hamid. Nous allons donc partir à la rencontre de différents familles installées plus à proximité du village.
La suite dans ce deuxième article.

Merci de ce petit tour qui ragaillardit. Ai eu l’impression d’y avoir été aussi. j’en ai encore du sable entre les dents!
Beaux regards, superbe lumière dans Marrakech. Son pain, on en mangerais!
Courage pour la 2e partie.
TH
on en mangeraiTTTTT
Très belles images, merci du voyage…
Sympa ton compte rendu avec photos à l’appui. J’aime.
Voila comment faire monter l’eau a la bouche de tes lecteurs! Je me rejouis de lire la suite…
Tres interessant reportage qui souligne l’importance de la preparation lors de toute entreprise. J’aime bien l’image de la confection du pain.
hello nicolas is very good all pic
Magnifique Making-of, j’attends avec impatience les photos. En particulier le résultat des séances de Flash
Merci pour vos messages. C’est toujours un plaisir à lire !
A+
Super, bravo! J’ai beaucoup aimé lire le récit de tes aventures et surtout observer tes magnifiques photos( en particulier celle du dromadaire qui se fait tirer les pieds et les dents:-)…)
Je me réjouis de voir la deuxième partie…
hello nico la very goog all pic.
Très prometteur! Me réjouis de voir la suite
hello Nico,
Ton site se densifie et le partage de ta démarche et de ton travail est sincère.
Très beau le touareg music tour et le douanier…
Bon vent ))
Ping : EXPO: Nomades du Sahara marocain
C’est beau le désert ,très bien la photo dans les dunes , là on voit la force du vent magnifique reportage (ça me fait envie d’y retourner dans ces conditions )